Si la maîtresse leur demande ce qu’ils vaudraient devenir à l’âge adulte, elles se taisent. Et, après, en murmurant, confessent : être plus blanche, chanter à la télé, dormir jusqu’au midi, me marier avec quelqu’un qui ne me frappe, m’en aller très loin et que jamais personne ne me retrouve.
Et eux, ils dissent : être plus blanc, être champion mondial de soccer, être l’homme araignée et marcher sur les murs, voler la banque et ne plus travailler, m’acheter un restaurant et toujours manger, m’en aller très loin et que jamais personne ne me retrouve.
Ils n’habitent pas très loin de la ville de Tucuman, mais ne l’ont jamais vue. Ils vont à l’école, à pied ou à cheval, un jour oui, deux jours non…, parce qu’ils échangent avec leurs frères, à tour de rôle, le seul uniforme d’école et le seul pair d’espadrilles. Et la question la plus posée à la maîtresse c’est : quand est-ce que le dîner arrive?
E.Galeano
Un blogue qui parle de course à pied, de vélo...des moments partagés. Vous trouverez des petites histoires du quotidien, des réflexions et de cuisine. Merci de votre visite!
mercredi 22 juillet 2009
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3 commentaires:
Ils vivent comme à l'époque de nos grand-parents mais en sachant que c'est mieux ailleur.
C'est triste.
Oui, c'est triste. Et je les admire. Ils sont faibles et forts à la fois.
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